L’Estac a deux options pour compenser la blessure d’Antoine Mille contre Le Mans
Pour la première fois cette saison en championnat, l’Estac va devoir composer sans son maître à jouer Antoine
Mille, suspendu (et blessé) pour la réception du Mans samedi. Faut-il le remplacer poste pour poste (et par qui ?) ou passer dans un système à deux attaquants ?
Jusqu’à sa sortie sur blessure (au genou, au moins deux semaines d’absence) samedi dernier à Guingamp (1-0), Antoine
Mille avait disputé l’intégralité des minutes des vingt journées de Ligue 2. Parmi l’effectif de l’Estac, Adrien
Monfray est désormais le seul à avoir joué les 1800 minutes de championnat cette saison.
Sans même regarder les compteurs des joueurs, on savait que ces deux-là étaient les moins dispensables pour le bon rendement de l’équipe. Pour la première fois, l’équipe troyenne va donc devoir faire sans son milieu de terrain. Deux options s’offrent à l’entraîneur Stéphane
Dumont : remplacer
Mille par un autre milieu, poste pour poste (c’est-à-dire au côté de
Diop quand l’équipe défend, puis ayant la possibilité de se projeter quand elle attaque) ou ajouter un attaquant pour passer dans un véritable 4-4-2.
À Guingamp, le staff de l’Estac a choisi la deuxième solution, faisant entrer
Bentayeb au côté de
Ripart à la sortie de
Mille (51e minute). Le résultat n’a pas été concluant : les Troyens se sont procuré moins d’occasions en deuxième période qu’en première et, surtout, ont perdu la maîtrise de la rencontre (même si cela n’est pas dû qu’à ce seul fait puisque l’Estac, déjà privée de
Diop, ayant aussi perdu
Boura à la mi-temps).
Adeline est trop utile dans la zone de vérité pour le redescendre d’un cran
Commencer la rencontre avec deux vrais attaquants permettrait de faire jouer
Ripart et
Bentayeb, tout en ayant un remplaçant naturel (
El Idrissy). L’Estac a déjà opté pour cette modification, mais toujours en cours de match, et surtout jamais avec
Adeline au côté de
Diop (hormis à Guingamp). Là est sûrement la clé de la réflexion du staff : l’équipe peut-elle se priver de l’ancien Rémois dans les trente derniers mètres (où il crée du danger et où il gratte des ballons pouvant vite se transformer en occasion) et son milieu est-il suffisamment sécurisé si
Adeline est positionné si bas sur le terrain ?
La réponde, selon nous, est deux fois « non ». Alors, pour la réception du Mans samedi, l’Estac devrait garder son système habituel, d’autant plus qu’elle ne dispose pas de Phliponeau (six semaines d’indisponibilité) pour évoluer au côté de
Diop. Et puis l’équipe tourne tellement bien depuis plusieurs mois, avec des repères tactiques bien ancrés et des remplaçants qui se mettent au niveau quand ils doivent pallier une absence dès le coup d’envoi (
Konaté,
Gambor,
Titi,
Detourbet,
Ripart…), qu’il serait contreproductif de vouloir se réinventer à ce moment de la saison.
Adeline devrait continuer à jouer sous l’attaquant de pointe.
Dans ce cas, qui pour jouer un cran plus bas, au cœur du jeu ? Là aussi, deux options sont sur la table (
Chavalerin est toujours là mais ne semble pas vraiment dans les plans du club) : remettre
Diop en position de relayeur – là où il a le plus souvent joué à l’Estac – et donc installer le jeune Roman
Murcy devant la défense, ou redescendre Merwan
Ifnaoui de sa position d’ailier (et garder
Diop en sentinelle).
Ifnaoui a déjà évolué au milieu en Coupe de France cette saison et avec le Red Star la saison dernière.
Retrouver de la verticalité dans un couloir de l’attaque
Son profil est celui qui ressemble le plus à celui de
Mille (gaucher, habile, clairvoyant, pas avare d’efforts…) mais c’est pour ces qualités qu’il est aussi très utile en haut à droite de l’équipe ! Malgré tout, on se dit que cette contrariété peut être utilisée par l’équipe de départ pour retrouver de la verticalité sur les côtés de l’attaque, que l’on voit moins depuis que deux meneurs de jeu « faux pied » (
Detourbet et
Ifnaoui) sont titularisés.
C’est à ce stade de la réflexion que l’on peut de nouveau regretter le départ de Jaures
Assoumou (qui voulait partir et qui a été bradé à Samsunspor cet hiver), dont les conséquences immédiates sont sous-évaluées dans les commentaires. Puisque ni
Ripart ni
El Idrissy ne semblent en mesure de jouer sur un côté au démarrage d’une rencontre, Elijah
Odede pourrait avoir – au moins – une vraie chance de montrer ce qu’il vaut réellement. En attendant, d’ici au 2 février, l’arrivée d’un nouvel ailier de percussion.