Un parcours loin des projecteurs
Né le 21 juillet 1995 à Veldhoven, près d'Eindhoven, Branco van den Boomen fait ses premiers pas au RKVVO avant de passer par le centre de formation commun de Willem II et du RKC Waalwijk. En 2011, il rejoint l'Ajax Amsterdam, où il franchit les catégories jeunes. Au passage, il remporte l'Euro U17 2012 avec les Pays-Bas.
Ses débuts professionnels se font avec la réserve ajacide, le Jong Ajax, en deuxième division néerlandaise lors de la saison 2013-2014. Faute de perspectives en équipe première, il part au FC Eindhoven, toujours à l'échelon inférieur, et termine deuxième du championnat. De quoi lui ouvrir les portes de l'Eredivisie : il signe à Heerenveen à l'été 2015, sans vraiment s'y imposer, puis est prêté à Willem II.
En 2017, retour au FC Eindhoven. C'est là que sa carrière prend un premier virage : en deux saisons, il inscrit 13 buts et délivre 18 passes décisives. Un passage à De Graafschap confirme ses qualités, avant le grand saut vers la France.
Toulouse, l'explosion
À l'été 2020, le Toulouse FC, alors en Ligue 2, le recrute pour une somme modeste. Après une première saison correcte, le Néerlandais change de dimension sous Philippe Montanier en 2021-2022 : 12 buts et 20 passes décisives en championnat selon le décompte officiel de la LFP, ce qui fait de lui le meilleur passeur de la division. Le TFC est sacré champion, et van den Boomen reçoit le trophée UNFP de meilleur joueur de Ligue 2. Son entraîneur le compare alors à Juninho, référence absolue des tireurs de coups francs.

L'Ajax, les années galère
En fin de contrat, il rentre à Amsterdam libre à l'été 2023. Mais le retour au club de sa jeunesse ne se passe pas comme prévu. Entre une concurrence rude, un club instable et surtout les blessures (au genou fin 2023, puis au dos, avec une longue absence en 2025), il ne s'impose jamais. Il totalise 56 matchs officiels et 5 buts avec les Lanciers, et ne dispute presque plus rien lors de la première partie de saison 2025-2026.
Angers, la renaissance
C'est dans ce contexte que le SCO se positionne. Le 21 janvier 2026, Angers obtient son prêt jusqu'à la fin de la saison. L'objectif est clair pour le joueur : retrouver du rythme et du plaisir en Ligue 1, un championnat qu'il apprécie. Il reconnaît à son arrivée ne pas être à 100% physiquement après une si longue période sans enchaîner, mais s'installe rapidement au cœur du jeu angevin. Bilan : 15 matchs et une passe décisive, pour une équipe qui assure son maintien.
Le club est convaincu qu'avec une vraie préparation estivale, il peut retrouver son meilleur niveau. L'Ajax ne comptant plus sur lui, son contrat avec les Néerlandais est résilié, et Angers annonce le 11 juillet 2026 sa signature définitive jusqu'en juin 2029.
Un début de saison encourageant
Sous les ordres de Stéphane Gilli, nouvel entraîneur du SCO, van den Boomen est titulaire en sentinelle aux côtés de Yassin Belkhdim dans un 4-2-3-1. Après quatre journées, il compte un but et une passe décisive, et Angers pointe dans la première moitié du classement avec 4 points. Surtout, il est le tireur attitré des corners du SCO et fait partie des Angevins qui créent le plus d'occasions.
Pourquoi il faudra le surveiller samedi ?
Le maître des coups de pied arrêtés. C'est la menace numéro un. Corners, coups francs excentrés, frappes directes : chaque faute concédée dans les 30 derniers mètres est une occasion pour lui. Face à une défense troyenne qui a encaissé huit buts lors de ses deux dernières sorties (2-6 contre Strasbourg, 0-2 à Lille), la discipline et le placement sur les phases arrêtées seront décisifs.
Son but à Auxerre l'a rappelé : laisser de l'espace à l'entrée de la surface, ou mal dégager un ballon, peut coûter cher. Les milieux troyens devront sortir sur lui dès qu'il se retrouve face au but.
À Angers, le jeu passe par lui. Il oriente, casse les lignes d'une passe et donne le tempo. Son point faible est connu : il n'est pas le plus à l'aise dans le registre défensif ni dans les duels répétés. Un pressing intense et un marquage serré pourraient couper l'alimentation des attaquants angevins, en panne d'efficacité au Havre.
En résumé, neutraliser Branco van den Boomen, c'est priver Angers de sa principale source de créativité. Rendez-vous samedi à Raymond-Kopa pour voir si les Troyens sauront éteindre le chef d'orchestre du SCO.
Photo : Angers SCO